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2020 - Ancêtres au Bourget

Éric et son ancêtre - Photo Suzane Brun

Imaginé pour explorer les itinéraires si divers qui ont fait converger nos aïeux en un lieu donné, ainsi que les liens mystérieux que nous continuons d’entretenir au-delà des années avec eux, le projet Ancêtres, dont c’est la 7e récincarnation, a suscité des échos passionnants au Bourget, dont la population a presque été multipliée par 6 entre 1901 et 2015.

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Josette et son arrière-grand-mère Amélie

Écriture

Le collectage de récits réels ou imaginaires s’est tenu de février à mars 2019, en prenant le temps, car la question des ancêtres (ou de leur absence, de leur silence) touche quelque chose de très intime. Il s’est tenu dans les locaux de SHAM le Bourget, partenaire de la création, et aussi, ce qui était une première, dans les EPHAD Glycines et Milan.
Parmi les anciens les plus discrets et les plus âgés, une femme et deux hommes ont révélé presque avec réticence qu’ils avaient participé à un réseau de Résistance contre l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, ce que certains d’entre eux ont payé très cher.

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Jeanine et son mari Serge - photo Suzane Brun

En tout, trente-neuf récits ont été recueillis et transcrits ; des personnages aussi hauts en couleur que Paul le catcheur (et sa maman Thérèse, car, oui, tous les catcheurs ont une maman), Luigia la fille du montreur d’ours, Amélie la soubrette séduite et congédiée, Yvon le joueur invétéré, Adamo, ancien prisonnier italien du Stalag XVII-a, Ida qui a passé sa vie à attendre un mari parti chercher fortune en Argentine, ou Jean-Baptiste le hussard ont émergé des brumes du passé. Après plusieurs rencontres, une riveraine de l’ancienne gare du Bourget-Drancy, s’est souvenue d’une petite camarade de classe soudain disparue et des convois de wagons fermés qui partaient de la gare.

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Éric et son ancêtre - Photo Suzane Brun

Dessiner, sculpter coudre, jouer

Ce collectage a été croisé avec des documents historiques ou iconographiques. Des statuettes ou poupées représentant les ancêtres, ont été dessinées, sculptées, habillées ; elles aident à concrétiser et médiatiser chacun des récits. L’originalité de la démarche est que les participants restent associés, autant que possible à la fabrication des sculptures, à la mise en scène et même au jeu. Ils ne sont pas dépossédés de leur parole au profit de professionnels qui la réinterpréteraient, mais soutenus par des acteurs avec lesquels ils dialoguent. Les répétitions, commencées en février et mars ont été interrompues par l’épidémie.

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Adamo en 1944 et en 2020 - Photo C. Rossi

Filmer en temps de crise

Comme tant d’autres projets, Ancêtres au Bourget, a été durement traversé par la crise du Covid 19 et endeuillé par plusieurs décès parmi les participants qui vivaient en EPHAD. Un sentiment d’urgence a commandé la réalisation d’une série de petits films, avant les représentations théâtrales et l’exposition qui restent prévues, mais dont la date pourrait être décalée. Chacun raconte un épisode, mêlant la scène filmée en studio à la Villa Mais d’Ici et des images de la création, documentée depuis le début, et l’ensemble présente l’avantage de pouvoir être montré dans les EPHAD.

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Catherine et sa grand-mère - Photo SHAM-le Bourget

En partenariat avec SHAM Le Bourget, la Ville du Bourget, le conseil général de Seine-Saint-Denis

Souvenirs de luttes par temps de crise